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Le suicide d'un salarié de France Télécom à Besançon en 2009 est "en lien avec le travail" car la direction connaissait "l'existence d'un risque grave" et n'a "pas pris les mesures de prévention suffisantes", estime l'inspection du travail, dans un rapport dont l'AFP a eu copie.
Dans ce document, envoyé fin janvier au directeur de l'Unité d'intervention Bourgogne Franche-Comté où travaillait le salarié, l'inspection du travail précise qu'elle a transmis son rapport d'enquête à la justice, au titre de "la mise en danger délibérée" de la vie d'autrui, et de l'article du code du travail qui oblige l'employeur à prendre les mesures nécessaires pour la sécurité de ses salariés.
Nicolas G., un technicien de 28 ans, s'était suicidé en août 2009 à son domicile. Un délégué Sud-PTT avait expliqué à l'époque qu'il avait "récemment été nommé sur un poste qu'il avait ressenti comme très disqualifiant". Il avait même dû être hospitalisé.
Le salarié avait laissé des lettres expliquant son geste. Le parquet de Besançon avait estimé le 12 août qu'il était "impossible" d'établir un lien formel de causalité entre ses problèmes professionnels et son suicide.
Dans son rapport, l'inspection du travail précise que "parmi les causes décrites par la victime" dans ses lettres, "certaines sont liées au travail".
Après enquête, elle affirme que "la direction (...) connaissait l'existence d'un risque grave lié à la santé mentale de ses salariés", notamment grâce à des rapports de médecins du travail et du cabinet d'expertise Technologia, qui en 2008 évoquait des risques psychosociaux chez les techniciens d'interventions.
Technologia soulignait notamment le sentiment "d'instabilité" et "d'inutilité" ressenti par certains salariés obligés de changer de métier, les relations "parfois délicates voire conflictuelles avec la clientèle", ou encore le décalage entre les horaires réels et ceux prévus sur le planning de ces techniciens.
De plus, malgré des alertes de médecins du travail dès avril 2009 expliquant que les mesures de prévention de la direction (cellules d'écoute, etc.) étaient insuffisantes, "France Télécom n'a pas modifié ses mesures de préventions" et "a donc, en pleine connaissance de cause, décidé de ne pas mettre en place" celles que préconisait le cabinet Technologia.
L'enquête montre même que "les cadences des techniciens ont considérablement augmenté, notamment à partir de décembre 2008, avec un point culminant en juin 2009".
Le syndicat Sud-PTT envisage de se porter partie civile dans cette affaire.
C. Beluche
 Publié le vendredi 12 mars 2010 à 16h24
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